J 13 – 13 mai Mile 227

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Ce soir je campe sur une petite plage à côté d’une rivière (ou plutôt un torrent). Autour de moi, il y a des montagnes. Le plafond de ma suite royale est constellé d’étoiles.
Pour mériter cela, il fallut affronter le profil très particulier de cette 13ème journée.
D’abord, ce matin, aller d’un bout à l’autre de la vallée San Gorgonio. La traversée ne fait que 7 miles, mais au moment de partir vers 8h00, il fait déja 27 degrés.
On suit d’abord une route fermée à la circulation puis un chemin qui passe succesivement sous des lignes haute tension, un chemin de fer et la highway.

Il faut aller là-bas…
En passant par ici…
Et sous les lignes ht.

Au passage, c’est trail magic ! Une bonne âme a laissé, sous le pont, une glacière pleine de canettes fraiches (bières et sodas). Pause obligatoire pour Psycho et moi qui prenons le temps de savourer cet instant fraicheur.

Trail magic under the bridge
Boissons offertes aux pct hikers
Ouf, ça fait du bien

L’autre partie de la traversée nous amène à remonter une longue piste poussiéreuse qui mène, sous un soleil d’enfer, à un bâtiment de maintenance d’une ferme éolienne.
Alors que j’interpelle un employé pour savoir où trouver de l’eau, il m’explique que les hikers du PCT sont les bienvenus et peuvent disposer de toutes les commodités du bâtiment (cuisine, air conditionné, café, boissons fraiches et friandises). Bingo! Cette  journée démarre sous les meilleurs auspices. Nous partagerons même notre repas avec les 7 employés de cette ferme.
Difficile de repartir de cet oasis. Nous y trainons, au point que nous sommes rejoints par deux hikers que nous n’avions plus vu depuis longtemps: Danièle (Dan) une canadienne de Vancouver et Mitch d’Oregon. Eux aussi sont de la class May 1st (partis le même jour que nous). Ils n’ont pris que très peu de repos à Idyllwild et ont enchainé avec une journée.
Dan (qu’on appelle dreadlocks) dit aussi qu’elle « ne fait pas le PCT mais qu’elle rentre à pied chez elle ».

Eoliennes
Repas avec les employés de la wind farm
Psycho, Mitch et Dan.

Nous repartons, dans la fournaise, pour une longue journée de montées et descentes qui nous font prendre progressivement de l’altitude.
Mais ce qui change tout, c’est la traversée de notre première rivière de montagne. Bien installée, au fond d’un canyon, dans un lit trop grand pour elle, la Whitewater Creek sera surtout l’occasion d’une baignade vivifiante (certains diront un décrassage plus que souhaitable).

Whitewater creek, la bien nommée
Jacuzzi xxl

Puis le chemin remonte à nouveau pour rester longtemps en ligne de crête. Je marche seul (cette fois-ci, Psycho est derrière) une bonne partie de l’après-midi.
Toujours à l’écoute de la nature environnante, je me surprends à ne presque jamais écouter de la musique en marchant. Le dépaysement est tel qu’il donne de l’élégance à des notions tels que l’effort ou l’ennui.
C’est fou ce qu’un cerveau peut cogiter quand le corps est tout entier dédié à la marche. J’en ferai la liste un jour pour montrer aux générations futures que l’on peut survivre des journées sans écran de smartphone.

Mission Creek

Vers 18h, j’arrive au point souhaité, au bord de la rivière d’eau vive Mission Creek, que nous remonterons demain sur plusieurs miles au gré de nombreuses traversées.
La tente est plantée dans ce décor de rêve pour une nuit tempérée propre au sommeil réparateur.

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