J 43/44 – 12 et 13 juin. Kearsarge Pass puis repos à Bishop

J’ai souffert des yeux toute la nuit. Les paupières gonflées et des contractions qui provoquent des crises de larmes. Au petit matin je me regarde dans le miroit: « monster face ». Impossible de garder les yeux ouverts devenus très sensibles à la lumière.

ophtalmie des neiges

Il n’y a que 8 miles pour grimper jusqu’à Kearsarge Pass puis descendre vers une route de montagne où nous comptons faire du stop pour Bishop. Mais sans lunettes de soleil, ça devient une épreuve.

J’enfile un bluff qui recouvre le visage, j’arrive à voir à travers et à distinguer ce qui est devant moi à 2 metres. Avec Psycho qui me guidera, je le suivrai sur toute la montée du col et jusqu’à la route.

La face cachée du PCT
On y va

Le moral est au plus bas. Je me concentre sur la douleur. Les yeux pleurent en permanence et j’ai absolument besoin de trouver une pharmacie à Bishop. Il s’agit probablement d’une ophtalmie des neiges. Nécessitant repos dans le noir et un collyre adapté.

Je ne verrai rien du parcours et de Kearsarge Pass. Qu’il faudra de toute façon passer dans l’autre sens au retour de Bishop.

Beau Lac au pied du Kearsarge pass

Peu de photos, prises au hasard et avec le concours de Psycho. Au sommet, Crocodile me prête ses lunettes et enfile une moustiquaire de tête pour se protéger aussi. Ces deux-là m’ont vraiment épaulé pendant ces quelques heures !!!

Lunettes noires pour descendre

Au parking de la petite route de montagne, nous poireautons une heure (je me réfugie côté ombre des toilettes sèches). Un type nous embarque vers Independence d’où nous faisons du stop pour Bishop. Nous nous postons à la sortie de la bourgade, sous une chaleur d’enfer, et levons le pouce.

En attendant les autos

Au bout d’une heure trente (…) Un immense van s’arrête et deux jeunes, enthousiastes, nous invitent à monter dans cette maison roulante.

Road To Bishop

Le moral remonte. Le repos et les soins à Bishop s’approchent. En discutant avec nos « sauveurs », je découvre qu’ils sont frère et soeur, originaires de Lausanne et qu’ils entament un immense road trip aux USA dont ils sont devenus citoyens. 45 minutes d’ondes positives et d’énergie communicative. Ils iront même jusqu’à m’offrir une paire de lunettes de soleil. Nous échangeons aussi quelques mots en français, parlons de leurs projets et nous enthousiasmons pour nos périples respectifs.

Merci infiniment Nisha et Shantam pour ces moments de réconfort. Bonne route et nombreux succès dans vos projets !

Nisha
Shantam

Arrivés à Bishop, nous nous dirigeons vers une pharmacie. Verdict: ophtalmie des neiges. Repos à l’abri de la lumière, lunettes sombres et collyre vitamine A. On trouve facilement un hôtel (une chambre qu’on partage à 3, j’ai droit au plus grand lit).

Pharmacie
Hotel

La soirée et la journée qui suivront sont classiques de nos days zero. A ceci près que je suis le seul client d’un resto à dîner avec des lunettes de soleil.

Lessive, ravitaillement, repos, alimentation +++. J’ai surtout passer mon temps à l’abri du soleil. La nuit m’a été bénéfique et j’ai déjà un oeil qui peut rester ouvert.

On mange du guacamole, des chips et des fraises dans la chambre. On répare le matelas gonflable de Psycho. Crocodile va récupérer 10 ans chez le barber shop (exit la barbe blanche) et je mets à jour ce blog.

Bref, la routine des jours off. Dernier repas au grill bowling du coin puis retour à l’hôtel. Demain, nous prenons le bus à 7h pour Independence. Puis autostop pour retourner sur le PCT. Je croise les doigts pour que mes yeux se remettent à contempler la Sierra sans en souffrir.

Entrée du resto et Bowling
Bishop, route principale
Bishop, au coucher du soleil

J 42 – 11 juin. Mile 788

13 petits miles. Mais une journée mémorable dont le point d’orgue a été le Forester Pass (4023 m).

Nous partons à 6 heures du matin pour nous assurer des meilleures conditions de neige. Il fait déjà très beau, mais pas assez pour retirer la doudoune et les gants. La progression sur un immense plateau montant est agréable. Je scrute en face la barre rocheuse qui semble infranchissable si ce n’est cette minuscule ouverture au dessus d’un corridor de neige.

Vu d’en bas, le Forester Pass ne parait pas grand chose. Mais on entend tellement d’histoires sur ce lieu (des personnes restées bloquées par la trouille, des coulées de neige, des chutes de rochers…) que l’on aborde la montée abrupte avec un minimum de stress.

En face c’est …
… Forester Pass (vu d’en bas)

Considérant, ma petite expérience pyrénéiste, Crocodile et Psycho m’ont demandé de passer le premier. Piolet en main, j’attaque le flanc verglacé de la montagne, en veillant bien à mettre mes pas dans des traces déjà faites. Il y a exactement 14 lacets avant d’atteindre le fameux passage du corridor. Le tout ne prend pas plus de 50 minutes. Mais c’est vertige assuré. Je pense que si le chemin n’était pas enneigé et verglacé, le franchissement serait moins impressionnant.

Toujours est-il qu’en mesurant chaque geste et en assurant chaque prise, j’ai pris un plaisir immense à vaincre la bête. Dans les derniers lacets après le corridor, il faut clairement renoncer à aller droit vers le col recouvert d’une corniche de glace qui s’avance d’1,50 mètre dans le vide. Mais plutôt franchir l’amas de rochers sur la gauche. Je me poste à cet endroit et j’encourage mes camarades tout en les prenant en photos.

Tous arrivés au sommet, la satisfaction est aussi grande que le soulagement. Passage mythique du PCT = photos classiques.

4023 m, ça vaut un sourire
Et celui de mes camarades

De l’autre côté, s’ouvre une immense vallée du Sequoia Park. Totalement enneigée elle aussi. On distingue ici et là quelques lacs glaciaires aux eaux turquoises.

Vue sur Sequoia park
Les crêtes
Les lacs gelés

Les traces des hikers qui nous ont précédé partent droit devant sur 1 Mile et bifurquent sur la droite avant de descendre en zigzag sur la droite. Mais, elles sont littéralement coupées par une coulée de neige qui vient de se produire. Avec le beau temps, les avalanches et les coulées de neige sont nombreuses. Impossible de passer par là. Trop dangereux. Un couple d’hikers américains nous rejoint et s’ensuit une discussion sur l’option à prendre. Finalement, nous suivons au GPS le tracé du PCT, et à l’approche de la zone des coulées, nous optons pour le glissading. 200 mètres de devers sur le cul, piolet en main en guise de frein. C’est la matinée des sensations fortes.

Glissading
Glissading bis

Nous allons ensuite descendre progressivement dans la vallée, parfois en glissading, mais trop souvent en postholing. Je me blesse légèrement en passant la jambe gauche entre deux rochers. Un trou béant de 2 mètres. Chacun y va de son gadin, tantôt amusant, tantôt effrayant.

À 11 heures, après avoir traversé une zone boisée détruite par une avalanche 3 jours plus tôt, nous prenons une longue pause repas + séchage des vêtements.

Avalanche
Les dégâts
Pause repas

Nous discutons de la suite, car nous souhaitons sortir par Kearsarge Pass, pour nous ravitailler et prendre une journée de repos après ces 5 premiers jours de Sierra. Hors, avec les conditions de neige molle et même si nous avons la chance de trouver une voiture susceptible de nous prendre, nous ne serions à Bishop ou Independence que tard dans la journée.

Psycho et Crocodile sont assez éprouvés. J’ai cassé mes lunettes de soleil et je souffre beaucoup de la réverbération du soleil sur la neige. Bref, on opte pour écourter la journée et se trouver un campsite sympa pour se reposer. Demain, nous rejoindrons Kearsarge Pass dans la matinée sur une neige gelée, donc plus facile.

Au mile 788, on trouve l’emplacement idéal, un terrain plat et semi-ombragé, sans neige, près d’un petit lac et face au Mont Bago. La journée se termine à 16h00 sans scrupule.

Campement
Avec les tentes

J’ai du mal à garder les yeux ouverts et souffre de l’intensité de la lumière. Il faudra que j’achète de nouvelles lunettes de soleil à Bishop.Et bien sûr, la discussion tourne sur cette journée de pause qui se profile. Wifi, douche chaude, lit douillet, boissons fraiches et … bouffe. La vie quoi !

Garder le sourire

J 41 – 10 juin. Tyndall Creek (mile 775)

« Je m’en irai dormir dans le paradis blanc. Ou les nuits sont si longues qu’on en oublie le temps ». Mais pour cela, il faudra endurer des journées de marche dans la neige, aller se perdre dans des vallées balayées par les avalanches, suivre un chemin qu’on ne voit jamais, traverser des torrents bouillonnants, se sentir tout petit au milieu d’une immensité aussi belle que sauvage.

Le PCT prend une autre envergure dans cette traversée de la Sierra Nevada. Il est raisonnable, avec l’enneigement exceptionnel de 2019, de limiter ses journées à 20 miles (33 km), voire moins. Le dénivelé est costaud et le fait de marcher des heures dans la neige requiert un effort intense.

Départ ce matin, à 6h30 pour progresser plus facilement sur la neige gelée. Microspikes aux pieds, l’accroche se fait parfaitement, y compris dans les fortes pentes. Au programme de cette journée, quatre traversées de torrents, deux descentes au piolet et la traversée de magnifiques plateaux.

A l’effort sportif vient s’ajouter une part de méditation active. Le silence et l’immensité des paysages y sont pour beaucoup. Seuls la respiration et le bruit des crampons dans la neige viennent troubler le silence. Tout autour, on distingue les cirques glaciaires et les eperons de granit de la Sierra. Le temps semble suspendu pendant ces heures de marche.

A Rock Creek, la première traversée d’un torrent bien agité se fait sans encombre, grâce à un arbre en travers. Je passe le premier, et depuis l’autre rive, prends en photo Crocodile et Psycho lors de leur passage.

Un pont de circonstance
Crocodile
Psycho

À la jonction du John Muir Trail qui file vers le Mont Whitney, quelques tentes sont posées dans un campsite dégagé de toute neige, bear box et sacs suspendus dans les arbres. Leurs propriétaires sont allés tenter l’ascension.

Campement des Whitney climbers
Sacs à l’abri des ours

Je taquine mes deux « collègues ». « Alors on le grimpe ce sommet ? ». Ils ne sont pas chauds du tout. On croise un ranger qui confirme leur crainte. En off PCT, une année normale, 70 % des hikers tentent l’ascension du plus haut sommet des USA (hors Alaska). Cette année, la tendance n’est que de 20%. Avec de nombreux incidents et abandons. Selon lui, tout rentrera dans l’ordre fin juillet avec la fonte. Fin septembre, ce sera un beau challenge pour notre road trip post PCT.

Au lieu de ça, je m’offre mon premier glissading (descendre une pente sur les fesses) pour terminer la descente vers Whitney Creek. Sans fracas ni heurt de rocher à fleur de neige. C’est plutôt fun.

Traces de luges improvisées

La traversée du torrent qui suit nous oblige à mettre les pieds dans l’eau glaciale pour passer sur l’autre rive. S’ensuit une halte au soleil, pour faire sécher et réchauffer les pieds. Peine perdue quand il faut les remettre dans des chaussures trempées.

Peu de courant mais eau glacée

Les deux derniers torrents ont été franchis grâce à d’immenses ponts de neige, au prix d’une grande imprudence. Mais la fatigue, les pieds gelés à force de « postholing » (s’enfoncer et l’envie d’en finir nous font prendre des risques. L’objectif est de pouvoir grimper vers Forester Pass demain matin. Tyndall est le dernier emplacement possible. Mais, à cette altitude, la neige recouvre tout. Aussi je pose ma tente dans un espace dégagé au pied d’un sapin, totalement entouré de neige.

Snow bridge

Je mets 1/2 heure à réchauffer les orteils et changer de vêtements. Mes deux compagnons de route ont trouvé chacun un emplacement similaire. Pas de discussion ce soir, la fatigue est totale. Il est 19h30, quand j’entends les premiers ronflements malgré le bruit du torrent Tyndall.

Tyndall creek

Dehors, hormis quelques sapins, c’est un immense désert blanc. Je me dis que dormir (chaudement) dans un tel environnement est une vraie chance. A chacun ses paradis blancs.

J 40 – 9 juin. Mile 755

Journée magnifique et épuisante. Sur les 19 miles parcourus, 15 miles l’ont été avec les microspikes aux pieds. Au début de l’étape, certains sommets (côté Ouest) semblent dégagés et en habits d »été, mais le tracé du PCT, plus à l’est, est entièrement recouvert de neige. Sous un soleil éclatant, les paysages sont somptueux.

A l’ouest, que du beau

On a fait l’étape tous les 3. Psycho, Crocodile et Viggo. Chacun prenant les commandes, en fonction des conditions et de l’état de forme. Psycho a un peu plus de mal à progresser dans la neige mais il apprend vite.

Psycho on ice

De nombreuses pauses sont nécessaires. Nous buvons beaucoup car la marche dans la neige sous un plein soleil provoque une déshydratation sournoise.

Pause boisson

Le PCT se devine. La progression se fait maintenant en suivant les traces de pas, quand il y en a, dans la neige. Ou en utilisant le GPS.

A partir de 10 heures, le phénomène de postholing cause quelques frayeurs. Parfois on s’enfonce jusqu’aux hanches, sans savoir ce qu’il y a dessous. Il faut éviter de marcher trop près des rochers où la neige se dérobe et laisse entrevoir des trous profonds de 1 À 2 mètres.

De toute cette journée, après Mulker Pass (où un groupe a pris la jonction pour rejoindre Lone Pine) nous n’avons plus croisé personne. Ce qui donne le sentiment d’être seuls au monde. Un monde immense et calme. Si ce n’est les quelques rongeurs qui jouent à cache-cache lors des pauses.

Les chaussures et chaussettes sont vite trempées. Il va falloir s’y habituer pour toute la Sierra. Tant que je marche ça va, mais à l’arrêt les pieds se refroidissent vite.

Viggo on trail

5 miles après Cottonwood Pass, vers 18h30, nous trouvons un coin dégagé pour poser nos tentes. C’est relativement plat et sec. La masse de neige qui nous entoure est en train de fondre, mais les petits ruisseaux qui se forment coulent à distance de notre emplacement.

Chambre avec vue sur névé

Les chaussures et les chaussettes n’auront pas le temps de sécher. Demain matin, ce ne sera pas une partie de plaisir. D’autant que le terrain sera totalement enneigé et que nous aurons à traverser 3 torrents. Le but est de dormir à une distance proche de Forester Pass. Il est préférable de passer ce col de 4023 m (Plus haut point officiel du PCT) en matinée au moment où la neige est encore gelée.

Mais nous n’en sommes pas là. Les organismes sont éprouvés et ont besoin d’une nuit de repos pour se régénérer. Je me couche à 20h00 et ne mets pas 10 minutes à m’endormir. Et dire que dans une autre vie, pas si lointaine, j’avais la réputation d’être un couche tard.

Traversée d’un plateau
Le campsite est sous la neige
Lac gelé

J 39 – 8 juin. Mile 736

Ce soir, je dors à plus de 3000 mètres d’altitude. Juste en dessous de la zone enneigée. Équipement complet, full mérinos, pour passer la nuit : bonnet, collant, gants chaussettes. L’endroit est abrité du vent et à proximité d’un minuscule ruisseau alimenté par la fonte des névés.

Campement du 8 juin

Il y a 10 heures et deux cols de cela, la journée a commencé par un réveil agréable dans un cadre bucolique. Le soleil à travers les pins, la brume sur la rivière, les nuées d’hirondelles autour du pont (elles ont leur nid dessous).

Brume du matin sur la Kern river
Bridge over the trouble water

Au moment de plier la tente, il faut quand même mettre les gants. Idem pour ouvrir cette fichue boîte à ours (Bear canister), où l’on stocke les aliments à distance des tentes. Mais rapidement, le soleil réchauffe l’air.

Deux cols passés aujourd’hui dont un entièrement enneigé. Crocodile, Psycho et moi sommes partis à des heures différentes ce matin. Finalement, j’ai fait une grande partie de l’étape en solo puis avec Crocodile.

Au Mile 720, nous avons trouvé la neige. Quelques névés pas vraiment difficiles à traverser. Mais progressivement, nous sommes entrés dans une zone boisée totalement recouverte de neige. Plus de chemin, mais quelques traces de pas dans la neige comme repères. De temps à autres, c’est l’anarchie au niveau des traces ( elles vont dans plusieurs directions) et je sors le smartphone pour m’aider du GPS.

Premiers névés
Plutôt faciles

Comme le terrain, en pente, devient « casse-gueule », je m’équipe des microspikes (mini crampons) qui facilitent grandement la progression.

Microspikes

À ce rythme, on ne fait pas plus de 2 miles de l’heure. Mais peu importe, tant il est appréciable de marcher dans de tels paysages. Ce n’est que le ďébut de la Sierra Nevada et déjà le charme opère.

Plus de sentier

Je croise un ranger du parc national qui en profite pour me contrôler. Je dois lui présenter mon PCT permit, la boîte à ours et répondre à quelques questions. La discussion est très cordiale. Nous parlons même des Pyrénées, du GR10 et de la HRP, qu’il connaît et qu’il estime plus difficiles que la Sierra. Je suis dubitatif pour les avoir parcourus, il y avait moins de neige et moins d’ours.

La deuxième montée de col est à la fois plus longue et plus facile. Après une brève pause déjeuner, j’attaque la montée tranquillement. Les nouvelles chaussures sont encore en rodage et les pieds souffrent. Quant au poids du sac, je maudis cette « boite à ours » qui l’aloudit considérablement.

Il est lourd ce sac

Je fais de nombreuses pauses (10 minutes) pour retirer sac et chaussures. J’ai un peu mal à la tête sans savoir si c’est le poids du sac, la réverbération soleil/neige ou l’altitude.

Toujours est-il que lorsque je vois Crocodile mettre sac à terre et proposer de camper après 20 miles parcourus, je suis d’accord. Psycho nous rejoint 45 minutes après, totalement épuisé.

Après avoir monté les tentes, nous mangeons ensemble en échangeant nos premières impressions sur la Sierra et la neige. Ainsi que sur les prochains jours. Le Ranger nous a fortement déconseillé de tenter l’ascension du Mont Whitney. Mais j’en ai très envie. Pour Crocodile et Psycho, c’est clairement non. Il me restera la possibilité de la faire, après le PCT, en septembre avec ma chérie (n’est-ce pas, c’est d’accord 😉) lors de notre road trip.

Mont Whitney

Extinction des feux à 20 heures. Je me glisse dans le sac de couchage, écris quelques lignes et ressens à la fois une grande fatigue et le bonheur de vivre tout celà.

J 38 – 7 juin. Mile 717

Petite journée d’approche. D’abord il a fallu s’extirper du cocon douillet du Grumpy’s. Non sans prendre un petit-déjeuner complet, profiter du wifi et passer ensuite par le van de « 2 Foot Adventure » pour m’acheter une nouvelle paire de chaussures. Même marque, mêmes caractéristiques (toe box et zéro drop) mais modèle plus récent et une pointure de plus. En effet, après 1100 km, le pied s’allonge et prend une ou deux pointures.

Puisque l’on passe par le General Store, on (Psycho et moi) en profite pour boire des sodas et traîner encore un peu en terrasse. C’est l’occasion de sacrifier à la tradition et d’applaudir les hikers qui arrivent à Kennedy Meadows. Ce matin ils sont six, dont le jeune belge au sac ultra chargé. À voir leur sourire quand ils passent le seuil, on mesure la satisfaction d’être arrivé là.

Il est midi quand nous nous décidons à partir. Nous pensons faire juste 15 miles pour nous approcher des zones enneigées à franchir demain matin. Et dormir près d’une rivière.

Devant le General Store
Sortie de Kennedy Meadows

Dès les premiers pas sur le trail, nous convenons avec Psycho que l’on ne s’attende pas. On se retrouvera au mile 717 pour le campement

Je laisse partir Psycho devant et je marche à l’économie. En effet, un sac ultra encombré (piolet, crampons, bear canister et 6 jours de nourriture) et une nouvelle paire de chaussures, ça n’aide pas à aller vite. Et d’ailleurs pourquoi aller vite?

Ces 15 miles d’approche sont très agréables. Entre piémont et prairies d’altitude, j’avance assez facilement dans des pinèdes, le long des cours d’eau tantôt bouillonnants, tantôt paisibles.

C’est là-bas
South Fork Kern river
La même en version cool

La transition vers la haute Sierra est progressive, j’aperçois les dômes et les cols enneigés, mais on est encore trop bas (8000 pieds / 2500 mètres) pour y accéder. La neige commence au dessus de 10000 pieds / 3000 mètres.

Paysage de transition…
Vers la Sierra

Je prends vraiment mon temps, observant les premières marmottes et quelques cerfs au bord d’une rivière. Faisant des mini-pauses pour retirer les chaussures (ça fait mal aux pieds des chaussures neuves) et grignoter une barre énergétique (toujours ça de moins à porter).

Il est 18 heures quand j’arrive au terme de l’étape du jour. Un sous-bois dominant un méandre de la rivière, près d’un pont métallique. L’endroit est paisible. De très nombreuses hirondelles semblent nicher sous le pont et leurs vols au ras de l’eau offrent un spectacle magique dans la lumière du soir. Psycho et Crocodile ont installé leur tente. J’en fais de même et nous dinons tous les trois en évoquant l’étape du lendemain. Ce soir, nous respectons les consignes des rangers, nous mettons toute notre nourriture dans nos Bear canisters ( boîtes à ours) que nous plaçons à distance des tentes. Cela va être un rituel pour toute la Sierra.

Vue depuis l’emplacement
Campement

J 36/37 – 5 et 6 juin. Kennedy Meadows + repos

Il y a des endroits qui, sans même y être allé, font partie intégrante de notre histoire. Des lieux qui ont force de symbole, de repère, dans notre imaginaire. Entre le Valparaiso de Neruda et la Rodrigue de Le Clézio. Entre le Fisterra des derniers pélerins et les ruelles de Corfou d’Albert Cohen, j’ai fait une place depuis longtemps à Kennedy Meadows.

Premiers bâtiments
On est dans l’ambiance

Herman Melville, Jack London ou RL Stevenson n’y ont jamais mis les pieds. Mais sans aucun doute, ils auraient aimé aussi la force inspiratrice de ce « petit rien » d’Amérique profonde.

J’ai découvert KM en lisant le roman « Wild » de Cheryl Strayed. Je revois la scène du film éponyme où l’héroïne (incarnée par Reese Witherspoon) arrive exténuée portant un sac beaucoup trop lourd, sous le regard bienveillant des autres hikers. KM est un passage obligé. Un début et une fin. Entre désert et montagne. Entre plaine et altitude. Entre ce qu’on croyait être et ce qu’on choisit de devenir.

Panneau d’entrée de KM

Si le PCT doit être pour certains un chemin initiatique, Kennedy Meadows en est un jalon essentiel. Et pourtant, il n’y a rien. Quelques cabanes, un magasin général, un autre d’articles de sport et un bar restaurant. Des tentes disséminées parmi les pins et des hikers entre deux mondes.

General Store
Here we are
Merci

Pour y arriver, en ce 5 juin en début d’après-midi, j’ai mis la gomme. Levé à 5h00 (et oui…) j’ai comblé les 24 miles en 7h15. Motivé par deux choses essentielles: appeler mes proches (vive le wifi) et …manger.

Le paysage est celui de moyenne montagne, fait de pinèdes et de chaos granitiques, avec quelques prairies. On devine que les derniers cactus et crotales sont derrière nous. Mais il reste ces parties de forêt entièrement détruites par le feu pour nous rappeler qu’on est en Californie.

À 5h30 du matin
Derniers sommets avant la Sierra
Toujours des forêts brûlées

Et peu avant le mile 700, une vraie rivière et la vue sur quelques dômes enneigés annoncent l’arrivée imminente de la haute montagne.

À 14h00, je peux enfin passer mes appels et avoir des nouvelles des miens. M’installer devant un vrai repas et écrire le récit des derniers jours.

Je suis au Grumpy’s Bear, the place to be. Un bar restaurant rustique où je me sens tout de suite chez moi. La musique est bonne, la cuisine généreuse et l’ambiance très amicale. Outre une douche chaude (3$) et la lessive (gratuite), j’y récupère les colis envoyés depuis San Diego et Tehachapi. Nouveau sac à dos (Gossamer Mariposa), Bear box, microspikes et six jours de nourriture.

Entrée du Grumpy’s Bear
Intérieur
Terrasse

À quelques pas du Grumpy’s, il y le Triple Crown Outfitters, un magasin d’articles de sport tenu par un spécialiste du PCT, Yogi. J’y achète un piolet (Camp Corsa), un collant en mérinos et une paire de gants. En revanche, il n’y a pas de chaussures trail de ma marque préférée. Je verrai vendredi matin avec le concurrent, un van installé près du General Store. Sinon, je ferai ma première semaine de Sierra avec mes chaussures usées.

Cimetière de chaussures

Je plante la tente, parmi d’autres, dans l’espace boisé entre le Grumpy’s et le Triple Crown. Tout le secteur est « hiker friendly », c’est gratuit, pratique et ça fidélise la clientèle des deux commerces.

Zone de camping

Au programme, rien. Je m’installe dans un coin du Grumpy’s à l’heure du petit déjeuner (Pancakes all you can eat) et j’y passe des heures à boire des cafés et des bières, à lire et écrire, à observer les gens.

Breakfast

Les discussions sur les conditions de neige dans la Sierra vont bon train. Énormément de hikers, partis plus tôt dans la saison, ont choisi de skipper la Sierra, pour y revenir en juillet août . Cette semaine à venir, les prévisions météo sont bonnes, la partie très enneigée peut être abordée avec du matériel adéquat et un maximum de précautions. Je pense partir vendredi en me greffant à un groupe et en envisageant des étapes courtes. En gros, passer un col enneigé en matinée et descendre dormir en fond de vallée, en dessous de 3000 m, pour ne pas camper sur la neige.

Psycho et Crocodile sont arrivés ce jeudi matin. Je leur propose de partir vendredi, sur ces bases tranquilles; ils adhèrent. Nous ne voulons pas faire étape à Lone Pine, mais sommes prêts à revenir sur cette décision si la progression sur 6 jours non stop s’avère plus compliquée que prévue.

Pour l’heure, nous apprécions cette journée de repos, les vêtements propres et les repas chauds. Chacun ressent à sa façon le bénéfice des efforts fournis jusqu’ici. Les muscles sont faits, le mental s’est renforcé tout comme la capacité à repousser ses limites. À peine un quart du chemin a été parcouru, mais déjà en chacun s’opère un changement qui est, sous bien des aspects, gage de réussite. Un équilibre fragile entre confiance en soi et humilité.

Planté dans la lumière du soir, incongru tel un phare dans son alpage, le Grumpy’s Bear nourrit et abreuve une poignée de hikers, au son de « heroes » de David Bowie. Les yeux brillent, les visages sont détendus, les regards portent au loin.

Grumpy’s by night

En me couchant tard dans la tente, j’observe les rares lumières du hameau, plus pâles que les étoiles. Il n’y a rien à Kennedy Meadows. Sinon ce concentré d’humanité que nous formons, avec nos rêves de traversée au long cours.

Quand Cheryl Strayed est repartie de Kennedy Meadows, elle ignorait encore tout de la haute montagne mais elle avait déjà beaucoup appris sur elle.

KM au soleil couchant

J 35 – 4 juin. Mile 676

Une étape difficile et magnifique. Comme hier, j’ai eu envie de marcher en solo, à mon rythme en profitant au maximum de cette journée offrant 70% de montées. Dans 2 ou 3 jours, la Sierra Nevada, exceptionnellement enneigée se négociera en évoluant en groupe (par sécurité).

Je pars le dernier de Walker Pass, il est 9h30. So Lazy Viggo ! Au passage, j’apprend (stèle) que le bien nommé « Col du Marcheur » est en fait un hommage rendu à un Joseph Walker qui découvrit ce col en 1834.

Walker Pass
Stèle Walker

Comme d’habitude, la journée commence par une ascension, mais celle-ci fait près de 10 miles. J’adore. J’ai le pas léger et l’esprit occupé par des pensées positives. Je suis en totale communion avec ce qui m’entoure. Je pense à l’avenir avec optimisme, imagine d’autres voyages à partager. Je chante et je prends des photos. Bref, l’imbécile heureux au pays des ours.

Premières barres granitiques
Au menu du matin

C’est une chance que de pouvoir mettre à l’épreuve le corps (et le mental) dans ces conditions et d’en sentir les effets bénéfiques. Certes, j’ai dû perdre beaucoup de poids depuis un mois, mais il y a aussi la répétition des efforts, les distances parcourues, le manque de confort, qui peu à peu me rendent plus endurant et plus fort. La machine à endorphine est lancée. No pain no gain, comme on dit ici.

Avancer, c’est l’essentiel

Une autre petite voix me dit aussi, pleine de sagesse, de ne pas m’emballer et de gérer cette aventure sur la durée. D’être à l’écoute de mon corps et de mes sensations.

Je fais donc régulièrement des pauses. Boire, manger des fruits secs, retirer les chaussures, s’allonger sur le dos … et tenter, en vain, de trouver un signal réseau pour le téléphone.

Aujourd’hui, il ne faut pas manquer les très rares sources pour se réapprovisionner en eau. Au mile 663, je remplis deux fois deux bouteilles que je vide aussitôt. La chaleur est suffocante, notamment sur les nombreux versants exposés au sud.

Unique source de l’après-midi
À volonté

J’ai doublé tout au long de la journée la dizaine de hikers partis ce matin. Beaucoup ont fait étape au mile 669, au lieudit Spanish Needle Creek.

Mon intention est d’aller jusqu’à un emplacement qui me mettra à moins d’une journée de Kennedy Meadows. Car 6 jours sans réseau, sans wifi, ça fait beaucoup. Sans douche et sans lessive aussi (qu’est-ce que je pue 😉!). Et il me reste à peine 1 jour de nourriture.

Après une nouvelle montée abrupte dans les rochers, le chemin se stabilise en crête et offre de beaux panoramas et des emplacements pour la nuit. Au mile 672, je retrouve Psycho en train s’installer sa tente. Bel endroit mais trop exposé au vent à mon goût. Je continue donc encore 4 miles pour trouver un endroit boisé, idéal, plat et cosy.

Chambre au calme

Dernier dîner froid avant Kennedy Meadows et la Sierra Nevada. Il me reste 26 miles pour y accéder. J’ai tant de choses à y faire: donner et prendre des nouvelles des proches, récupérer mes colis (matériel Sierra et nourriture ), prendre une douche, acheter de nouvelles chaussures, manger et boire beaucoup… Demain, je sors du maquis.

Parterre fleuri
Chardon

J 34 – 3 juin. Walker Pass (mile 651)

La nuit a été agréable et réparatrice. Chaque soir, j’ai les jambes en bois, le dos en compote et les pieds en feu. Il suffit d’un repas et d’une nuit de sommeil pour remettre tout en ordre. Hormis les premiers pas du matin, un peu rouillés, le corps s’est régénéré et est prêt à enchaîner les miles et les dénivelés. Incroyable machine que le corps humain.

Justement, la journée commence par une longue montée en plein soleil, puis le chemin va progressivement évoluer sur de plus faibles pentes.

Vue sur la vallée

Aujourd’hui, je marche seul. Psycho part plus tard. L’étape est courte (20 miles) car nous souhaitons passer la nuit à Walker Pass, un endroit suffisamment alimenté en eau.

Le paysage qui s’offre à moi est un classique du PCT, avec des canyons profonds, des pentes exposées au vent, des maquis desséchés et quelques rares zones humides.

Le chemin se confond sur quelques miles avec une route forestière, tracée en dépit du bon sens, uniquement pour accéder à une cabane et un point d’eau. Une partie de la forêt à été détruite pour l’occasion. C’est sans scrupule que je boycotte le détour vers cette cabane.

Route vers McIver’s Spring

Quelques ruisseaux offrent un débit suffisant pour remplir les bouteilles et rester sur le PCT. Je ferai ainsi ma pause déjeuner les pieds dans l’eau.

Les heures qui suivent passent vite en alternant deux versants d’une même montagne. Arbres morts, lichens et mousses à l’est, buissons, verdure et fleurs à l’ouest.

Côté Est
Côté Ouest

J’arrive tôt à Walker Pass (16h30) et tant mieux car c’est « Trail magic ». Un village publicitaire (une marque spécialisée dans les panneaux solaires) a été organisé avec tout pour le réconfort du hiker. Boissons fraiches, Hot dog, fruits et glaces.

Trail magic à Walker Pass
Une bière en guise d’accueil
Buffet à volonté
Glace Oreo

Je n’en crois pas mes yeux. Nous sommes dans un col, au milieu de nulle part, et tout ceci est déployé pour tourner un film publicitaire. On m’offre un siège; je ne vais pas en décoller pendant 3 heures. Quelques hikers (Psycho, Crocodile Dundee) arrivent et affichent le sourire de circonstance en voyant les boissons et la nourriture. À titre personnel, j’ai probablement fait le meilleur repas de mon aventure (3 hot-dogs, 1 paquet de chips, des tortillas au guacamole, 3 bananes, 500ml de glace oréo et 8 canettes de bière IPA et de soda). J’ai même pu recharger mon smartphone sur la batterie alimentée par les panneaux solaires. Mais toujours pas de réseau, dans ces contrées perdues.

Hot-dogs
On se pose
On y reste (Aussie et Psycho)

En contrepartie de cette orgie, l’équipe marketing de la marque généreuse m’interviewe 5 minutes et me prend en photo.

Ce soir, j’ai encore droit à un beau coucher de soleil (moins coloré) et je ne demande pas mon reste pour m’endormir. Sans doute un peu aidé par le malt et le houblon.

Ciel du soir à Walker Pass
Le même en couleurs

J 33 – 2 juin. Bird Spring Pass (mile 631)

Les hennissements des chevaux me sortent de ma torpeur. Ils ont été sellés par leurs cavaliers et sont prêts à aller randonner ce dimanche. Pas moi. Je passe encore trop de temps à me réveiller, faire des étirements, ranger mes affaires et prendre un semblant de petit-déjeuner. Sans compter le filtrage et le remplissage de 5 litres d’eau. Je ne prends le départ qu’à 9h30. Un record de lenteur.

Lady hiker
Randonneurs à cheval

Même si les premiers miles sont en sous-bois, le chemin nous ramène progressivement dans le désert. C’est le grand retour de la chaleur. Arbres de joshua en guise d’oasis, crotales à l’affût sous les pierres, lézards en parade amoureuse.

Black in the desert
Chaud devant
Bon, tu me files ton 06

Avec Psycho, nous avançons en duo, sans pour autant marcher ensemble, selon le rythme, l’envie d’être seul … Simplement, nous prenons les pauses ensemble et nous convenons d’un emplacement pour la nuit. Ainsi ce soir, le but de l’étape est Bird Spring Pass, au mile 631, où il y aurait une « water cache ».

Mais comme il ne faut jamais avoir entièrement confiance dans ce rype de réapprovisionnement, nous faisons un détour de 2 miles (on peut se le permettre, l’étape du jour est courte) jusqu’à une source (Willow Spring) offrant, au milieu du désert, un débit ridicule mais rafraîchissant.

D’ailleurs nous tombons sur des troupeaux de vaches qui survivent ainsi dans un décor de western. Alors que nous nous reposons, un véhicule s’arrête. Deux femmes en jean, chemise et chapeau de cow-boy viennent s’informer de ce que nous sommes et, rassurées sur nos intentions de PCT hikers, nous proposer de l’aide. Nous discutons du parcours, elles nous confirment qu’il y a bien une water cache au Mile 531. J’ai droit à du « J’aime Paris » et « la France est magnifique », puis elles repartent à leurs activités de rancheras.

Taureau du désert

En remontant sur le PCT, la chaleur est telle que nous faisons une nouvelle halte au col (table de pique-nique), le temps d’echanger quelques mots avec un jeune belge croisé depuis quelques jours. Il est parti de Campo le 19 avril, soit 12 jours avant nous. Il semble exténué mais porte un sac imposant et très chargé. Quand je lui demande s’il va acheter ou louer une « boîte à ours » à Kennedy Meadows, il me répond qu’il ne la prendra qu’à Lone Pine, à partir d’où elle est obligatoire. « Je ne veux pas porter inutilement du poids ». Je n’ose pas lui faire remarquer qu’il trimballe quand même son piolet et ses crampons depuis le Mexique.

Dans la dernière section de la journée, on tombe sur une inscription discrète au sol. Quelques pierres indiquent … 1000 km ! Putain à force de penser et marcher en miles, on avait presque oublié que nos jambes nous ont porté pendant 1000 kilomètres de désert et de montagne sur ces 32 jours. C’est à la fois beaucoup et si peu, au regard de ce qui reste jusqu’au Canada. À peine 25 %.

1000 km…

En fin d’après-midi, je me sens en forme et je m’envole sur un chemin en crête qui domine un immense désert. Arrivé au col du Bird Spring Pass, je retrouve une dizaine de tentes de hikers éparpillées dans ce superbe site. L’endroit est un col qui domine les deux vallées. Idéal pour apprécier à la fois le coucher et le lever de soleil.

Bird Spring Pass
Et sa water cache
Sa route d’accès

Après avoir bu au moins 3 litres d’eau, je contemple les belles couleurs du ciel en mangeant mon classique plat de semoule et huile d’olive. Le spectacle est tel que tous les hikers en font de même. Et peut-être , dans ce relatif isolement, pensent comme moi : « dommage que tu ne sois pas là ce soir pour partager celà ».

Joshua trees dans la lumière soir