J 39 – 8 juin. Mile 736

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Ce soir, je dors à plus de 3000 mètres d’altitude. Juste en dessous de la zone enneigée. Équipement complet, full mérinos, pour passer la nuit : bonnet, collant, gants chaussettes. L’endroit est abrité du vent et à proximité d’un minuscule ruisseau alimenté par la fonte des névés.

Campement du 8 juin

Il y a 10 heures et deux cols de cela, la journée a commencé par un réveil agréable dans un cadre bucolique. Le soleil à travers les pins, la brume sur la rivière, les nuées d’hirondelles autour du pont (elles ont leur nid dessous).

Brume du matin sur la Kern river
Bridge over the trouble water

Au moment de plier la tente, il faut quand même mettre les gants. Idem pour ouvrir cette fichue boîte à ours (Bear canister), où l’on stocke les aliments à distance des tentes. Mais rapidement, le soleil réchauffe l’air.

Deux cols passés aujourd’hui dont un entièrement enneigé. Crocodile, Psycho et moi sommes partis à des heures différentes ce matin. Finalement, j’ai fait une grande partie de l’étape en solo puis avec Crocodile.

Au Mile 720, nous avons trouvé la neige. Quelques névés pas vraiment difficiles à traverser. Mais progressivement, nous sommes entrés dans une zone boisée totalement recouverte de neige. Plus de chemin, mais quelques traces de pas dans la neige comme repères. De temps à autres, c’est l’anarchie au niveau des traces ( elles vont dans plusieurs directions) et je sors le smartphone pour m’aider du GPS.

Premiers névés
Plutôt faciles

Comme le terrain, en pente, devient « casse-gueule », je m’équipe des microspikes (mini crampons) qui facilitent grandement la progression.

Microspikes

À ce rythme, on ne fait pas plus de 2 miles de l’heure. Mais peu importe, tant il est appréciable de marcher dans de tels paysages. Ce n’est que le ďébut de la Sierra Nevada et déjà le charme opère.

Plus de sentier

Je croise un ranger du parc national qui en profite pour me contrôler. Je dois lui présenter mon PCT permit, la boîte à ours et répondre à quelques questions. La discussion est très cordiale. Nous parlons même des Pyrénées, du GR10 et de la HRP, qu’il connaît et qu’il estime plus difficiles que la Sierra. Je suis dubitatif pour les avoir parcourus, il y avait moins de neige et moins d’ours.

La deuxième montée de col est à la fois plus longue et plus facile. Après une brève pause déjeuner, j’attaque la montée tranquillement. Les nouvelles chaussures sont encore en rodage et les pieds souffrent. Quant au poids du sac, je maudis cette « boite à ours » qui l’aloudit considérablement.

Il est lourd ce sac

Je fais de nombreuses pauses (10 minutes) pour retirer sac et chaussures. J’ai un peu mal à la tête sans savoir si c’est le poids du sac, la réverbération soleil/neige ou l’altitude.

Toujours est-il que lorsque je vois Crocodile mettre sac à terre et proposer de camper après 20 miles parcourus, je suis d’accord. Psycho nous rejoint 45 minutes après, totalement épuisé.

Après avoir monté les tentes, nous mangeons ensemble en échangeant nos premières impressions sur la Sierra et la neige. Ainsi que sur les prochains jours. Le Ranger nous a fortement déconseillé de tenter l’ascension du Mont Whitney. Mais j’en ai très envie. Pour Crocodile et Psycho, c’est clairement non. Il me restera la possibilité de la faire, après le PCT, en septembre avec ma chérie (n’est-ce pas, c’est d’accord 😉) lors de notre road trip.

Mont Whitney

Extinction des feux à 20 heures. Je me glisse dans le sac de couchage, écris quelques lignes et ressens à la fois une grande fatigue et le bonheur de vivre tout celà.

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