Sur la lancée, encore une bonne journée de marche. Même paysage de sous-bois offrant un peu d’ombre mais peu de vues extérieures.

De temps à autre le rideau opaque de verdure s’ouvre et offre une vue du Mont Shasta, couronné de neige, qui domine la région tel le Mont Fuji.

Aujourd’hui, les points d’eau sont plus fréquents. Notamment dans les longues descentes (10 miles et plus) que je déteste toujours autant. Ce qui est le prétexte à de nombreuses pauses.
C’est d’ailleurs au terme de la dernière descente qui mène à Squaw Valley Creek que je décide de m’arrêter. . Je m’installe au dessous du pont, sur un grand rocher plat. Le lieu est propice à la baignade – je n’hésite pas une seconde à profiter de la fraicheur de l’eau – et à une longue sieste aux doux rayons du soleil filtrés par les pins.



Hésitant à reprendre le chemin, je m’aventure quelques mètres sur un trail bien dessiné qui part vers l’Est et découvre un emplacement au top pour passer la nuit. Totalement plat et en bord de rivière.

L’endroit est tout proche d’un trailhead peu fréquenté (il n’y a qu’un pêcheur une centaine de mètres en amont) et dispose même de toilettes sèches. A ce stade de fatigue, je goûte au luxe d’un endroit offrant de quoi boire, se relaxer et baigner les pieds éprouvés par une longue étape et des semelles usées et déformées.

Le bruit de l’eau est aussi une berceuse formidable. Après une journée de 28 miles, un repas vite expédié, il me faut peu de temps pour trouver le sommeil. Demain, si tout va bien, je serai à Castella pour me ravitailler et récupérer une nouvelle paire de chaussures.

