J 46 – 15 juin. Mile 803

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Glen Pass et 5 traversées de torrents. C’était le menu du jour. Je pense que sur une année normale, on aurait avalé ces 14 miles en peu de temps. Mais la neige complique tout, notamment à partir de 10h00, où elle se met à fondre; ce qui ralentit la progression. De multiples cours d’eau se forment et transforment le sentier en rivière.

Nous avons levé le camp à 6h30, n’ayant que 2 miles à parcourir pour atteindre Glen Pass. La montée est assez abrupte mais je l’ai trouvée plutôt facile. Les microspikes accrochent parfaitement la surface gelée de la neige. Le franchissement final, sur une grande pente verglacée, s’effectue tout droit en mettant ses pas dans les traces déjà faites. Évitant ainsi les probables zigzags du chemin initial.

Approche de Glen Pass
Encore plus près

A 8h15, nous passons le col et entamons la descente vers la vallée des lacs Rae. Là aussi, alors que cette descente est réputée dangereuse, elle n’a pas présenté de réelle difficulté.

Descente de Glen Pass

Le paysage est superbe, constellé de lacs pour la plupart gelés et de nombreux cours d’eau. D’ailleurs, c’est l’un d’eux, plutôt sage, qu’il faudra traverser en premier. Bien que l’eau soit glacée, je décide de traverser pieds nus, car une fois sur les rochers de l’autre rive, je peux me réchauffer au soleil.

Rae Lakes
Tour du lac
C’est froid
Mais ça se traverse

Un peu plus loin, la South Fork est plus délicate à passer. Nous choisissons un endroit oû le courant est plus faible et nous optons pour la traversée avec les chaussures. Sur l’autre rive, nous profitons de la pause déjeuner pour tout faire sécher. Ce qui a pour effet de susciter la curiosité des chipmunks qui viennent inspecter les lieux en quête de nourriture.

Chipmunk intéressé par nos sacs

Le chemin continue à descendre dans la vallée. Et, cela faisait longtemps, nous redecouvrons un sentier épargné par la neige. Ou plutôt un ruisseau, tant l’eau de la fonte des glaces ruisselle.

Après une nouvelle traversée de rivière, tout schuss, nous arrivons au point le plus bas de l’étape. Woods Creek et son pont suspendu. Un groupe de hikers y a établi son campement. Nous faisons une pause et discutons de la suite.

Pont suspendu sur Woods Creek
1 seule personne à la fois

Même si l’endroit est sympa, le prochain col Pinchot Pass est à plus de 7 miles. Et puis il reste des torrents à traverser. Je préfère me rapprocher du col et traverser les torrents cet après-midi au soleil plutôt que demain matin. Mes deux compagnons acquiescent. Nous entamons donc, vers l’est, la montée très longue en direction de Pinchot Pass.

Petite séance photo pour fêter le Mile 800 ( vaguement identifié par des pierres au sol).

On devine vaguement 800

Puis arrivent les deux grosses traversées de torrent du jour. La première se passe aisément, dans un courant fort avec de l’eau jusqu’à mi-cuisse. La seconde est beaucoup plus technique. White Fork est un torrent gonflé par la fonte des neiges. Le courant est très fort et sur certains endroits carrément flippant. Je prépare mon sac en mettant tout ce qui est fragile dans un sac étanche. Puis je me mets à l’eau, en me penchant face au courant, à la fois pour être plus stable et pour épargner le sac. L’eau arrive à la taille avec une puissance incroyable. Je progresse en crabe et parviens à agripper une branche de saule pour m’extirper du courant. Ouf. Au tour de Crocodile qui, au moment de saisir la branche, perd l’équilibre, bascule dans l’eau sur le côté droit et se rattrape in extremis. Une partie du sac est totalement trempée ainsi que tous ses vêtements. Psycho arrive à traverser et nous l’aidons à sortir de l’eau. Nous allons passer 50 minutes à nous réchauffer au soleil et à tout faire sécher.

Facile à traverser ?

Deux autre hikers tentent la traversée. Le premier glisse sur une pierre et immerge totalement son sac à dos. Le second s’en sort mieux mais à besoin de notre aide pour monter sur la rive. Bienvenue sur le PCT édition 2019.

Deux miles plus loin, nous trouvons un endroit suffisamment plat pour établir le campement. Il n’est que 17h30, mais l’important est de se reposer, se sécher et d’être à une bonne distance de Pinchot Pass pour demain matin. Cette fois-ci c’est une marmotte qui vient nous inspecter. Elle s’approche des tentes et ne semble pas effarouchée. Mais le hiker affamé n’est pas prêt à partager sa pitance.

Un peu de montagne sans neige

Je dîne d’une énième ‘mash potatoes’ et de tortillas au Nutella. Le torrent de Woods Creek assure l’ambiance musicale. Dans cette partie resserrée du canyon, les montagnes sont très impressionnantes. Mais tout ceci produit un effet relaxant. Je finis par faire partie de cette nature dans laquelle je suis immergé depuis plusieurs semaines. L’eau fraiche, la toilette sommaire, le repas du soir, le confort douillet de la tente, le compte-rendu de la journée… Ces petits rituels qui n’altérent en rien cette vie sauvage et ce profond sentiment de liberté que je ressens.

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