J 47 – 16 juin. Mile 815

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Des sauts de puce. J’ai fait une croix sur une quelconque moyenne à tenir dans la Sierra. Le sentier sous la neige, les torrents gonflés, les coulées de neige, le terrain miné (postholing) dès 10h00, l’orage l’après-midi… Tout contribue à vivre une belle aventure mais au ralenti.

Ce matin, départ à 6h30 pour Pinchot Pass. La montée est progressive sans franchissement d’un mur ou d’une pente verglacée. La traversée des plateaux est toujours un moment d’émerveillement dans la lumière du matin.

Plateau d’approche de Pinchot Pass
Pas de postholing le matin

Il y a de la neige jusqu’au sommet, suffisamment compacte pour bien accrocher. Cependant, nous avons traversé deux coulées de neige qui avaient recouvert les traces d’approche. Je pense que ces avalanches constituent le risque principal en ce mois de juin. La montagne est comme un mille-feuilles et s’écroule sous l’effet de la chaleur.

Montée vers Pinchot Pass

Nous arrivons Psycho et moi au sommet de Pinchot, et nous mettons à l’abri derrière un rocher, car un vent glacial s’est levé. Crocodile nous rejoint, éprouvé par la montée. Discussion sur la suite. Mather Pass n’est qu’à 10 miles. Après une belle descente de 5 miles dans la vallée on entamera la montée vers ce nouveau col. On décide de le tenter, mais sans forcer l’allure.

Paysage au nord de Pinchot Pass

Dans la descente, sous la surveillance des marmottes, c’est une nouvelle série de franchissement de rivières qui nous attend. Rien de très dangereux, mais ces torrents qui affluent vers la South Fork Kings river ont suffisamment de courant pour déstabiliser la marche et provoquer les chutes dans l’eau glacée.

Z’auriez pas un truc à grignoter ?
Psycho dans une traversée (easy)
Répète bien le terrain !

Vers 11h30, pause déjeuner et séchage (presque un rituel) sur de grands rochers. Puis on repart à l’assaut du Mather Pass. Le terrain est une vraie soupe. On s’enfonce jusqu’aux genoux à chaque pas, non sans frayeur, quand on coince la jambe entre les troncs et les rochers. La marche est épuisante.

Enfin, le plateau dégagé permet de distinguer Mather Pass (col réputé technique). En s’approchant, on entend un bruit énorme sur notre droite, une coulée de neige et de rocaille est en train de dévaler le flanc d’une montagne. Nous sommes suffisamment en hauteur pour être à l’abri, mais le ton est donné. Face à nous, deux récentes coulées de neige ont balafré les pentes du Mather Pass.

Approche de Mather Pass

En arrivant, à deux miles du sommet, sur une zone dégagée de neige au milieu du plateau, je propose de mettre fin à la journée de marche. Le manteau neigeux est trop instable l’après-midi pour tenter le diable. Nous allons donc camper à cette altitude élevée ( 11500 pieds / 3500 mètres ) pour pouvoir franchir le col, dans la neige gelée du matin.

Emplacement dégagé à 3 300 m

Comme pour confirmer nos craintes, nous assistons à une nouvelle avalanche, sur une pente peu éloignée du col. Peu après le ciel se couvre et tourne à l’orage, sans toutefois qu’il se mette à pleuvoir. Nous ressentons une impression de sécurité, perchés sur ce plateau entouré de neige. C’est l’occasion de soigner les bobos (éraflures et coupures postholing) et de faire la sieste. Pour ma part, j’en profite pour reposer mes yeux (qui vont mieux), écouter de la musique et noter les faits des deux dernières journées. Je crois bien que je me suis endormi vers 18h30, sur … »Hotel California » d’Eagles. Tout un programme.

Mes salutations à vous tous qui m’aidez à gérer les « bugs »

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