J 48 – 17 juin. Mile 834

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L’orage menaçait dès 15 heures. Nous avons continué à marcher dans le Conte Canyon, en direction de Muir Pass, pour rajouter quelques miles au compteur. Mais à 17h30, après quelques coups de tonnerre et une succession d’éclairs impressionnants, nous sommes descendus rapidement près de la rivière pour trouver un terrain et monter nos tentes.

Le temps tourne à l’orage

En quelques secondes, une averse de grêle nous a surpris. Le déluge. J’ai la chance d’avoir une tente mono-paroi. Passée la galère pour la monter sous l’averse, j’ai pu me mettre à l’abri et au sec. Mais Psycho et Crocodile ont été obligés de rentrer dans leur habitacle humide, ayant dû monter leur tente intérieure en premier. Il est 19h30, la pluie ne cesse de s’abattre sur la Sierra. Je me suis glissé au fond du sac de couchage avec des vêtements secs, après un repas frugal et j’écoute le bruit des gouttes sur les parois de ma « maison ». Quelle journée !

Elle a commencé à 6h00, à 11000 pieds d’altitude. La nuit a été agitée car nous avons subi 3 heures de bourrasques qui ont bien secoué les tentes. Vers minuit, le vent s’est calmé et je suis sorti refixer la tente. Dehors, sous la pleine lune, le paysage était mystérieux et grandiose. J’ai pu enfin m’endormir dans ce décor apaisant.

Minuit à 3300 m

Il n’y a que 2 miles pour escalader le Mather Pass. Escalader est le bon terme. Entièrement recouvert de neige, exit le chemin initial. La montée se fait au pied du col, droit sur la pente verglacée puis dans les éboulis. Piolet obligatoire. La neige, par certains endroits, est friable et il faut refaire les traces. A 8h30, nous accédons au col, heureux et soulagés.

A l’approche de Mather Pass
Mather Pass
Montée périlleuse
Je joue les équilibristes
Passage des éboulis

Passé ces instants d’émotions fortes, il va falloir s’employer pour descendre de 4000 pieds dans cette nouvelle vallée, puis remonter de 4000 pieds vers Muir Pass, le prochain col à passer demain matin.

Vue depuis le Pass
Content d’y être

Comme d’habitude, c’est dans un paysage totalement enneigé que nous descendons. De grands lacs (Palisade Lakes) jalonnent le parcours. Tous pris par la glace. On imagine le tableau pittoresque que ce doit être au coeur de l’été.

Palisade Canyon
Palisade Lakes
Palisade Creek

C’est aussi la vallée des marmottes. Peu intimidées par les hikers qui viennent arpenter leur territoire.

Marmotte

Vers 9500 pieds, on redécouvre le PCT, vierge de toute neige. Mais en de nombreux endroit, le chemin s’est transformé en torrent, tant l’eau est présente. Je ne compte plus les traversées. Mes pieds seront trempés toute la journée.

Mais où est passée la neige ?

Le volume d’eau de Palisade Creek est impressionnant. Tout comme la plupart des torrents en cette période de fonte. Inutile de se risquer à les traverser sur des ponts de neige, devenus très fragiles.

Crocodile devant Palisade Creek
Ponts de neige hors service

Une biche vient nous tenir compagnie à l’heure de la pause déjeuner. Sous quelques gouttes de pluie, nous pressons le pas pour nous retrouver à moins de 5 miles du prochain col. C’est là que nous sommes surpris par l’orage.

Presque dommage tant les sensations étaient bonnes. Mais cette édition 2019 du PCT ne nous épargne décidément aucun caprice météo. Seulement 19 miles de parcourus aujourd’hui, dans des conditions compliquées. Il reste 45 miles pour rejoindre VVR (Vermilion Valley Resort) et goûter un peu le réconfort d’un bon repas et d’un signal téléphonique. En attendant, la pluie m’accompagnera dans mon premier sommeil. (Celui où tu tiens le premier rôle).

A pas de fourmis on peut traverser le monde

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