J 50/51 – 19 et 20 juin. Mile 875 et Vermilion Valley Resort

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Pour arriver à VVR (Vermilion Valley Resort), il faut sortir du PCT et suivre le sentier « Bear Ridge Trail » sur 6.5 miles (non comptabilisés car off PCT). En ce 50ème jour d’aventure, j’ai vécu une magnifique étape.

Le sentier traverse des prairies, des sous-bois, des canyons, des torrents, des plateaux et un col enneigés. Tout y est. Même les ponts pittoresques.

Viggo on the bridge

Le col du jour est de loin le plus facile à franchir. Le Selden Pass ne culmine qu’à 11000 pieds. Son approche est très belle, entre deux lacs gelés aux contours azur. Puis la montée directe sur la pente enneigée et à travers les rochers. Au sommet, c’est une vue à 360 degrés.

Montée vers Selden Pass
Un col facile d’accès
Et peu encombré par ma neige

La descente doit nous amener, après 3 miles dans la neige souple, à traverser 2 fois le torrent « Bear Creek » considéré comme l’un des plus dangereux du PCT. En ce début d’après-midi, il est gonflé par la fonte des neiges, et nous avons constaté que toute tentative de traversée ressemblerait à une opération suicide.

Descente dans la neige souple

En bonne entente dans le trio formé au début de la Sierra (Psycho, Crocodile, Viggo), nous optons pour une tangente au GPS qui nous permet de traverser deux autres rivières au débit plus faible (En théorie). Mais ça s’est avéré plus compliqué que prévu. Il a fallu remonter de 2 miles sur un terrain accidenté pour franchir, les jambes dans l’eau glacée, la première rivière à un endroit où elle se repose. Puis descendre dans une forte pente enneigée pour rejoindre l’autre torrent beaucoup moins docile. En suivant son cours sur 1,5 mile, nous avons eu la chance de trouver un arbre mort en travers. Ce qui facilite grandement les choses.

A traverser à pied
Ou sur un arbre
C’est toujours flippant

C’est un surplus de fatigue mais aussi un grand soulagement. En fait, j’aime ce type de défi qui nous amène à construire notre propre chemin, selon nos choix. Sir Edmund Hillary disait « Where there is à will, there is à way » ( Là où il y a une volonté, il y a un chemin ). Et nous avons tous nos Everest à atteindre.

En redescendant dans les névés le long de cette rivière, nous avons pu retrouver le PCT pour le suivre longuement en cette fin d’après-midi ensoleillée. Et franchir à nouveau d’autres cours d’eau plus ou moins périlleux (une douzaine) mais franchement glacés. Parfois, les pieds sont tellement transis de froid qu’il faut s’arrêter et trouver un moyen de les réchauffer. J’opte pour la technique des gants. Inutile de changer de chaussettes, il en faudrait des dizaines de paires.

Pieds gantés

La descente sur VVR est sur un sentier très calme, qui serpente parmi les pins, les groseilliers et quelques fleurs locales.

Chemin tranquille
Snow plant Sarcodes

Après 6 miles, il débouche sur une route forestière. En la suivant on atteint ce drôle d’endroit qu’est VVR.Un petit bout du monde au bord d’un lac d’altitude. Qui accueille pendant la saison d’été des pêcheurs de truite et des randonneurs. Et sans doute quelques baigneurs au vu des grandes plages qui le bordent.

Lac Edison
Vue depuis VVR

Un bâtiment tout en bois fait office de restaurant et de general store. Quelques chalets aménagés accueillent les estivants. Les PCT hikers sont autorisés à camper gratuitement sur le terrain attenant au restaurant. Douches, sanitaires, eau potable, station de recharge… Mais (drame) pas de wifi et un hypothétique accès au réseau téléphonique digne des premières heures de la téléphonie mobile.

Entrée du bâtiment
Y’a encore du chemin
Hiker boxes

Quoiqu’il en soit, cet endroit permet, après 6 jours dans la neige, de recharger les batteries de tous. Cuisine généreuse, boissons fraiches et installations confortables.

Bâtiment principal
Véhicule du proprio

Nous allons y passer l’après-midi et la soirée (j’ai même la chance de pouvoir passer un coup de téléphone 💕). Avant de repartir le matin vers le PCT via le ferry (un petit bateau aménagé) qui traverse le lac.

Ferry du lac Edison

Il n’y a que deux jours à peine pour atteindre Mammoth Lakes, station où nous comptons faire un zéro. On pourrait aller plus vite, mais le parcours est encore plus enneigé que ce que nous avons déjà traversé. Et surtout, la route de Reds Meadows est encore fermée à la circulation. Nous opterons donc pour une variante plus longue passant par un col, pour atteindre une autre route qui mène vers Mammoth Lakes (avec peut-être une chance d’être pris en autostop.

Ce soir, on partage quelques bières avec les pêcheurs au coin du feu. Il n’y a que 9 hikers à VVR (décidément la « bulle » à skippé la Sierra). Toutes les conditions sont réunies pour passer une bonne nuit et repartir à l’assaut des cîmes.

Campement gratuit

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