J 58 – 27 juin. Mile 982

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Je m’attendais à une journée de montagne classique et tranquille. J’ai vécu des moments plus forts et plus flippants qu’à Forester Pass ou Mather Pass.

Départ à 6h30

La neige. Toujours la neige. A des altitudes moindres que dans le sud Sierra, elle est présente partout. Et complique sérieusement la progression.

Smedberg lake

Froid polaire aux premières heures de la journée. Je garde la doudoune et les gants pendant 3 heures. La montée vers Seavey Pass est pénible sans être réellement difficile. Comme toujours, le chemin contourne quelques beaux lacs juste avant le col.

Seavey Pass

Seavey Pass est en Ligue 2 des cols de la Sierra, tant il est insignifiant et peu caractéristique du passage d’une vallée à une autre. Mais sa descente est extrêmement compliquée. Le chemin initial, sous 2 à 3 mètres de neige, est un itinéraire qui longe en surplomb, à flanc de montagne, la rivière Kerrick Creek.

Au dessus de Kerrick river
Crocodile en équilibre

On se retrouve à marcher en dévers sur une neige trop souple, au risque de dévaler la pente. Sortie du piolet obligatoire. Nous allons passer deux heures à progresser difficilement sur des portions « casse gueule ». Enfin arrivés en fond de vallée, les jambes tétanisées, le repos est fugace. Car il reste à traverser la rivière. Je remonte jusqu’à un log (arbre couché en travers) et suis récompensé par la rencontre avec un magnifique cerf. Il arbore fièrement son trophée et traverse facilement la rivière sans trop me calculer.

Easy
Jeune cerf

Ensuite, nous allons remonter très fortement plusieurs lacets sur un chemin rocailleux pour basculer dans Stubblefield Valley.

Sans être réellement fatigué, mais ayant vécu quelques émotions fortes, j’ai envie de poser la tente sur un superbe emplacement ensoleillé et de profiter de cette fin d’après-midi. Sans trop se faire prier, mes comparses acquiescent. 15 petits miles dans de la neige de m…. ça use. Après tout, nous ne sommes qu’à un jour et demi de Sonora Pass.

Camouflage

Dans cette quête de l’inutile, il y a une surenchère à éviter. J’aime marcher, avancer, bouffer des miles. Mais une telle aventure prend tout son sens autant dans la progression que dans les temps de repos et de contemplation. Il y a un rapport au temps qui n’est plus le même que dans le quotidien de nos vies de labeur. Il m’arrive de moins en moins d’être dans un esprit de « compétition » contre moi-même. De penser que ralentir ou s’arrêter est une faiblesse. L’alternance des pauses et des temps de progression, le rythme des journées et l’envie de « vivre dans l’instant » font toute l’harmonie de cette aventure. Un peu comme les silences de Mozart.

Repos
Contemplation

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