J 67 – 6 juillet. Mile 1123.

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Un peu comme dans la haute Sierra, nous commençons chaque matinée par une montée pour passer un col. La neige est toujours fortement présente dans la dernière partie et quelques sous-bois ombragés.

La montée jusqu’à Dicks Pass est superbe. Au sommet, je tente un appel téléphonique: ça marche. C’est le luxe de ne plus attendre 7 jours pour échanger, donner et recevoir des nouvelles.

montée vers Dicks Pass
Au sommet

La descente est très enneigée et permet de longues glissades « ski pieds » plus ou moins maîtrisées. Le chemin longe encore de beaux lacs où la clarté de l’eau laisse entrevoir des truites argentées.

Let’s ski
You talkin’ to me ?

Seulement deux traversées de rivière aujourd’hui. La première est réalisée pieds nus, ce qui permet de me laver les jambes.

Après un déjeuner en bord de lac, comme hier, je laisse partir Psycho pour pouvoir randonner seul, à mon rythme. Je me retrouve quasiment tout l’après-midi au milieu de la forêt. Le paysage est un peu tristounet et ennuyeux, sans ouverture ni panorama. Les arbres sont pour la plupart recouverts de mousse. Il y a peu de ruisseaux et aucune fleur. L’endroit porte bien son nom, Desolation wood.

Mousse au nord
Désolation

Alors que je marche, perdu dans mes pensées, un sifflement caractéristique me fait sursauter. Un gros serpent à sonnette me barre le chemin en mode agressif. Je l’observe un peu puis, du bout de mon bâton de trekking, le force à s’écarter. J’ignorais qu’à cette altitude, entre deux névés, on pouvait croiser un rattlesnake.

Rattlesnake de montagne

Passée cette frayeur, je marche dans l’épaisse forêt, tous les sens en éveil. C’est ainsi que j’entends un craquement dans les fourrés sur ma droite, je réagis en faisant du bruit (en tapant les bâtons de randonnée l’un sur l’autre). Et, je vois subitement un gros ours (couleur brune) qui s’enfuit devant moi en remontant la pente. Mon cinquième ours à eu aussi peur que le quatrième. Décidemment, nous sommes dans une relation homme/ours basée sur une crainte mutuelle. Et, dans ces circonstances, cela me convient. traversée de rivière.

Vers 18h30, je retrouve Psycho au campement choisi pour la nuit, au pied de la prochaine montée de col. Je revêt ma tenue anti moustiques, tant ils sont nombreux à rôder dans le coin. Nous sommes rejoints quelques minutes plus tard par le même cow-boy campeur que la veille. Il flippe toujours de dormir seul, avec la présence des ours. Je le comprends.

21 miles. Ce n’est pas encore la moyenne souhaitée, mais ça va mieux. La neige et le dénivelé freinent encore nos ardeurs. Il me tarde d’en finir avec le chemin recouvert de neige pour faire de plus longues distances. A la fois pour me rapprocher du Canada (dans les délais prévus) et pour transporter moins de nourriture (en se rapprovisionnant plus souvent).

Avec ou sans neige ?

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