J 77 – 16 juillet. Chester puis Mile 1350 (Warner Valley Camp).

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Dans le Parc National de Lassen, il est obligatoire de posséder une « Bear canister » pour camper. Or, le PCT traverse une partie du parc entre le mile 1346 et le mile 1365. Soit nous marchons sur toute cette portion (mais depuis Chester, ça fait long), soit nous passons la nuit dans un campground équipé de Bear boxes (armoires métalliques où on peut stocker la nourriture). Ce sera l’option choisie, au mile 1350, au Warner Valley Camp.

Et comme ça fait une « petite » étape de 19 miles, le prétexte est trouvé pour glandouiller à Chester toute la matinée. Après 3 heures au Coffee Factory, 4 cappuccinos, 2 bagels, 2 muffins et 1 smoothie, le blog est à jour. Il est presque midi quand nous nous décidons à partir.

Pour retrouver le trailhead du PCT, il faut faire de l’autostop. Et, comme souvent, c’est une femme qui s’arrête. Lois Lane (et oui comme la fiancée de Superman) est une jeune retraitée, hyper positive et enthousiaste. Depuis qu’elle a gagné, comme elle dit, « une longue bataille contre le cancer », elle vit pleinement chaque journée.

Funny car
Funny lady

Elle s’est offert une petite jeep Suzuki pour le plaisir de conduire dans les bois. Et aussi parce qu’elle fait partie des « 2 % d’Américains qui savent conduire une auto avec boîte mécanique ». « Je n’allais pas dans cette direction mais je me ferai un plaisir de vous y emmener. Vous êtes tellement formidables les PCT hikers ». No comment. Mrs Lois Lane, vous aussi êtes formidable de générosité, d’humour et d’ouverture d’esprit. En trente minutes, à discuter, à nous marrer, à nous comprendre, nous sommes trois à avoir gagné cette journée.

Viggo, Lois Lane et Psycho

Au trailhead, c’est la séance photos avec une pièce de bois indiquant le midpoint. Le Canada n’a jamais été aussi proche.

Un peu plus près du Canada

Puis c’est reparti pour 19 miles en forêt. Je laisse Psycho partir, pour marcher en solo. Playlist musicale sur les oreilles, rythme régulier et tranquille, réflexions sur la simplicité de cette vie, sur l’aptitude que nous avons parfois à la compliquer. Sur la capacité de certains êtres à « éclairer sans éteindre les autres », et de certains voyages à … « aller de soi en soi, en passant par les autres » (proverbe touareg). Ben oui, entre deux coups de fringale, on peut philosopher !

De temps à autre, dans ce décor de pierre de lave et de forêt, les yeux sont attirés par quelques curiosités géologiques, telles qu’un geyser (mais manquant de vitamines pour une photo valable) ou un lac d’eau chaude sulfurée ( Boiling Spring Lake) en ébullition. C’est beau, vert émeraude, mais ça pue l’oeuf pourri.

Boiling Spring Lake
Eau chaude à volonté

Mes chaussures sont pleines de trous et les semelles intérieures sont détruites par la poussière et la sueur. Bref, elles sont prêtes de rendre l’âme. Donc la marche, bien que facilitée par un terrain peu accidenté, devient très inconfortable. C’est pourquoi, en mode GPS, j’opère un « tout droit » dans la forêt pour rejoindre le campground et m’épargner un dernier mile sinueux.

C’est en face, à droite après le sapin

Psycho et quelques autres hikers ont déjà installé leur tente. Nous dinons ensemble puis mettons notre nourriture dans les Bear boxes. Vu le nombre important de touristes dormant dans le camp, je serais bien surpris qu’un ours s’y aventure.

Évidemment, nous convenons tous de partir suffisamment tôt demain matin, pour éviter qu’un employé du camp nous réclame la redevance de 10$ due, théoriquement, par les hikers d’un soir. Mais je fais confiance aux hikers US qui nous disent que c’est bullshit et que c’est gratuit. Parfois, il faut s’en tenir à la faiblesse des arguments.

Green California

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