J 115 – 23 août. Mile 2334.

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Nuit de sommeil profond et réparateur. Le corps finit par accepter le confort d’un lit douillet. Car jusqu’à présent, c’était paradoxalement dans les hôtels que je me reposais le moins.

Ce matin, après le bon café préparé par la maîtresse des lieux, je prépare le sac pour les 4 prochains jours. Crocodile partira de Packwood seulement en fin de journée car il attend une visite de son épouse (arrivée d’Australie) accompagnée par un ami de Seattle. Il semble à la fois enchanté et inquiet de « ralentir » ainsi sa progression vers le Canada. Étonnante nature humaine. Il faut dire qu’après le PCT, sa femme et lui rentreront en Océanie par la voie des mers. Une croisière sur un paquebot depuis Vancouver et faisant escale à Hawaï, Tahiti, Samoa… Sans doute une épreuve de patience terrible pour un insatiable marcheur comme Crocodile.

Je trouve facilement un ride pour rejoindre le PCT et me revoici seul sur le chemin avec mes 4 jours de nourriture. D’abord dans la forêt puis rapidement en balcon sur le Parc National du Mont Rainier.

Le PCT qui…

… monte
… et monte encore.

J’avance vite. Le pied gauche n’est plus douloureux. Les miles défilent sur un terrain facile aux faibles pourcentages. Passant d’un versant à un autre, les paysages sont tout aussi superbes. Particulièrement les lacs et les vues directes sur le Mont Rainier.

Crystal Lake et Rainier couronné
Rainier dans les nuages

Au fil des heures, je me surprends à envisager de rejoindre Snoqualmie Pass en 3 jours plutôt qu’en 4. Non pas qu’il s’agisse d’une priorité absolue (il n’y a presque rien à Snoqualmie) mais plutôt pour challenger un peu cette fin de parcours. Où il est aisé de marcher plus de 30 miles par jour.

La lumière douce de la fin de journée met en valeur ces paysages montagneux du Washington. Des crêtes minérales aux rivières serpentant dans les prairies.

du minéral
et du végétal

Quelques nuages s’accumulent sur les sommets. D’autres, vers 19 heures, remontent de la vallée pour la nuit. Je fais une pause pour dîner adossé à un rocher, au sommet d’un col offrant une vue sur deux vallées. Puis je continue encore quelques miles, entre chien et loup, plutôt en descente, jusqu’au prochain point d’eau.

Balcon sur le Washington
Evergreen state

Au mile 2334, je remplis les bouteilles à la frontale et tente de trouver un emplacement dans le bosquet en contrebas. Mais je distingue trois tentes et ne souhaite pas « déranger » des confrères hikers dans leur sommeil réparateur.

Je continue à suivre le chemin dans la nuit. Jusqu’à un petit bois offrant un sol relativement plat pour poser une tente.

Une nuit sur la Terre

Il est presque 22 heures quand je me glisse dans le sac de couchage. Satisfait et à peine fatigué d’une journée de…40 miles (64 km, un délire). Bien à l’abri sous les arbres, j’écoute les bruits de la nuit. Quelques oiseaux nocturnes essayant de couvrir le son rassurant du vent dans les cimes. Et les chipmunks qui tournent intrigués autour de la tente. Rien qui n’empêche de trouver le sommeil dans un état de profonde félicité.

Que la montagne est belle.

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