Revue de paquetage

Du pratique, du léger, du robuste à défaut d’esthétique.

Pour les couleurs, on repassera. Sans être un inconditionnel de l’équipement et du matériel ultra-light, je reconnais avoir pesé le pour et soupesé le contre plusieurs fois avant de constituer mon « paquetage ». Et donc d’avoir privilégié le technique et le confort au « fashion »

Avec certains choix et renoncements très personnels (et donc discutables), je constitue peu à peu ma « pack list » pour le PCT. Il me reste à acquérir encore quelques éléments indispensables (pour la Sierra) et trouver le temps de tester le nouveau matériel en situation réelle proche du PCT.

A ce jour, voici l’essentiel des items testés et retenus. Je précise que ces choix sont réalisés en toute indépendance, sans intention de promouvoir telle ou telle marque.

Bivouac (les big 4)

Sac Gossamer Gear MARIPOSA 60 litres : pratique avec son rapport poids/volume idéal. Solide (peut porter jusqu’à 16 kg) et résistant à l’abrasion. Testé sur le GR10, j’apprécie surtout ses grandes poches latérales (bouteilles accessibles en marchant), sa ceinture confortable. Côté esthétique, c’est bof, mais je m’en fous. Poids à vide 838G.
Sac de couchage ZPACKS classic -7°C : le top. Je l’ai pris en taille L pour 1,83m maximum (je mesure 1,75) sans capuche. Gonflant impressionnant 900 cuin, j’utilise son sac de compression étanche. Testé par des nuits sous 0°C, un confort total pour seulement 568G.
Tente BIG AGNES Fly Creek HV UL1 + Piquets et sardines (changées celles d’origine pour des titane). Tente double toit très bien conçue. J’aime son volume avec une hauteur suffisante pour rester assis, de la place pour entrer le sac. Petite abside, bonne ergonomie et semi-autoportante. Testée plusieurs nuits par tous les temps, peu de condensation, bonne résistance au vent et à la pluie. Inquiétude toutefois quant à la possible fragilité du sol (je l’ai pourtant utilisé sans tapis de sol). Poids total vérifié 865 G
Matelas gonflant Thermarest Neoair Xlite. Rien à dire, c’est un must. Pris en taille regular car j’aime avoir le corps entier sur le matelas. Confort et isolation pour le meilleur rapport poids/volume du marché. Poids 350 G.
SitPad mousse Z Lite: une petite fantaisie. J’ai découpé un morceau d’un vieux et inusable Thermarest Z Lite (4 panneaux) pour en faire à la fois le frame de mon sac MARIPOSA et un support pour m’assoir (ou m’agenouiller) en étape ou au bivouac. Idéal à l’entrée de la tente. Testé sur plusieurs randos, c’est devenu un incontournable . Poids 117 G

Hygiène – Cuisine – Électronique


2 Sacs étanches Cuben de ZPACKS: 1 dry bag pour les vêtements et 1 big food pour la nourriture. Etanches et très légers. Les deux pour 57 G
1 filtre Sawyer Squeeze (67 G) + bouteille souple 2L (28 G): système testé en plaine et dans les Pyrénées, pratique et rapide. J’emporterai bien sûr, une fois aux USA, des bouteilles d’eau en complément (2 smartwater 1L)
1 serviette microfibre PackTool Nano + 1 pince à linge: 40 G
1 trousse toilette: dans un sachet Ziploc (morceau de savon d’Alep, brosse à dent et dentifrice voyage, 1 rasoir jetable, flacon nalgene pour crème solaire) : 140 G
1 trousse pharmacie dans un sachet Ziploc (assortiment avec pansements, ibuprofène, antiseptique, épingles à nourrice, pince a épiler et ciseaux) : 100 G
Kit cuisine composé d’1 pot repas avec couvercle 600 ML (ancien pot de glace), 1 spork Sea to Summit 9 G (cuillère et fourchette en titane) + 1 couteau Fimam Chapa 27 G + 1 briquet bic mini + 1 tasse repliable Wildo 24 G + 1 mini salière (sel mélange perso avec ail, piment d’Espelette et poivre) + 5 G d’éponge coupée. PAS DE RÉCHAUD (oui, je sais ça se discute, mais j’ai l’habitude de randonner ainsi).
1 lampe frontale Black Diamond Ion: 31 G
1 smartphone Samsung Galaxy S7 Edge (157 G) + écouteurs. Les points positifs: bonne qualité de photo + autonomie assez longue + écran large pour confort de lecture et de rédaction de posts sur l’application WordPress.
1 batterie Anker Powercore 10000 A (185 G) + 1 chargeur Dual USB Quick Charge 3.0 (130G) avec adaptateur US. A voir sur la durée !
1 paire de bâtons de marche CAMP Xenon 4 : légers et pratiques, repliables en 4 (280 G la paire). C’est un choix discutable car j’ai un doute sur leur durée de vie US. Ils ont beaucoup bourlingué et j’en suis satisfait mais Je les utilise surtout à la montée, car leur usage n’est pas conseillé à la descente.

Vêtements hauts

Equipement PCT 3
1 Doudoune CUMULUS incredilite 115G duvet : Sans aucun doute, dans le top 3 des valeurs sûres de cette pack-list. D’un rapport poids/volume excellent pour un confort de chaleur total. Elle sait se fait oublier au fond du sac (dans son propre sac de compression) et apporte la chaleur nécessaire le soir au bivouac ou dans les premières foulées du matin. 295 G
1 veste Outdoor Research Helium II: imperméable et respirante. Suffisamment légère pour servir de simple coupe vent, je l’ai utilisée surtout dans des conditions exécrables de météo, elle fait le job. Bien taillée, j’apprécie le zip total et la capuche avec visière réglable. Elle ne pèse que 180 G.

1 tee-shirt Vertical Désert FFRP, à manches longues et capuche: en Drylight, il évacue l’humidité et sèche rapidement. La coupe et son tissu extensible le rendent indispensable pour la randonnée estivale et l’alpinisme. 120 G
2 tee-shirts techniques Odlo (manches longues) et Décathlon (manches courtes) : 165 G. Pas vraiment fixé sur ce choix, je cherche encore du côté des tissus en mérinos.
Tour de cou (Kalenji) qui sert aussi d’oreiller (55 G), casquette (55 G), paire de sous-gants de running (23 G), paire de lunettes de soleil
1 parapluie Sea to Summit Mini trekking; je sais que beaucoup s’en passent mais j’apprécie son utilité à la fois en protection du soleil et de la pluie tout en permettant une aération optimale du bonhomme. 155 G

Vêtements bas

Equipement PCT 4
1 pantalon léger (Wedze): l’article maintes fois éprouvé que je possède depuis 8 ans. A la fois confortable, coupe vent et très léger. Pas waterproof mais sèche très vite. 210 G
1 Short Odlo Zeroweight X Light: pratique, aéré et sait se faire oublier. Testé et approuvé sur le GR10 et en course à pied. 90 G
2 Boxers Icebreaker Anatomica: le confort et les avantages antibactériens et anti-odeurs de la laine mérinos. 55G pièce.
2 paires de chaussettes Injinji: taille basse (catégorie Running). 5 doigts séparés, confortables; j’ai hésité à aller vers ce que je pensais être un gadget mais j’ai été bluffé par le résultat. Testées en situation de trail 15 jours intenses par tous les temps et aucune ampoule. 2 x 35 G
1 paire de chaussures Altra Lone Peak 3.0. J’apprécie surtout leur polyvalence et leur largeur pour les orteils (toe box). Leur plateforme Zéro Drop a beaucoup sollicité mes tendons d’Achille au début mais il faut reconnaitre que j’ai gagné en souplesse. Je pense partir avec 1 paire supplémentaire (modèle plus récent Altra Lone Peak 4.0) que j’expédierai avec mon « kit spécial Sierra » à Kennedy Meadows.

Pour le reste des items, voici ma liste complète (ou presque) pour un poids de base de 5,36 KG. But to be continued.

PCT Français
Et hop, le sac est rempli (le drapeau français est optionnel. Tendance « Champions du Monde » ou « F..k Trump »)

Dis-moi pourquoi tu marches ?

Ah la belle question que voilà ! En apparence anodine mais qui touche à l’essentiel. On pourrait aussi dire dis-moi « A QUOI » tu marches ? Ou « VERS QUOI » tu marches ?

Car au-delà de toutes les considérations matérielles et pratiques, des bienfaits de l’activité physique pour le système cardio-vasculaire, des shoots d’adrénaline et d’endorphine pour réguler le sommeil ou la libido, des calories brulées pour garder la ligne ou d’un quelconque défi réussi pour accrocher une « médaille » à son tableau personnel, etc… Il faut bien admettre qu’il n’y a pas de vérité, de raison ou d’urgence à choisir la marche.

Marche inutile

L’époque est à la glisse, à l’assistance ambulatoire, à l’effort mesuré, à la téléportation. Le piéton et le randonneur sont des anachronismes. Tolérés pour leur bonnes manières, leur faible empreinte carbone ou leur état transitoire.

« Un piéton n’est jamais qu’un individu qui va chercher sa voiture » – Frédéric Dard.

Il parait que dans certaines zones résidentielles des US, le fait de se déplacer à pied attire immédiatement la suspicion. Il faudra donc bientôt avancer une explication sensée à la divagation pédestre. Sans en arriver à cet excès, il est vrai que, d’escalators en deux-roues électriques, de jobs sédentaires en plateaux télé, ma vie citadine et paresseuse est une dissuasion permanente à la marche.

Marche essentielle

Alors, quelle force imbécile ou lucide me pousse à mettre à l’épreuve la mécanique du corps ? A rompre avec le confort nourricier d’un quotidien rassurant ? A préférer la lenteur aux fulgurances et aux inerties de l’époque ? A partir plutôt que rester ?

Je me garderai bien d’amorcer un début de réponse tant elle serait banale sinon décevante.

En février 2007, à l’hospice de Roncevaux où je fis une pause lors d’une longue étape sous la neige, je renseignai le questionnaire ouvert aux pèlerins de Compostelle afin d’obtenir un magnifique tampon sur la créanciale. A la question « pour quelle raison, faites-vous le Chemin de Compostelle ? », je cochai toutes les cases (Spirituelle, Sportive, Culturelle, Religieuse, etc…) et rajoutai même « JE NE SAIS PAS ».

Dix ans plus tard, à quelques mois du PCT, après avoir usé des dizaines de paires de chaussures, allégé avec zèle le sac à dos et accroché malgré moi quelques rides au front, je ferais sincèrement la même réponse.

Qu’il s’agisse d’un pèlerinage, d’une aventure sportive au long cours ou d’une balade dominicale, toute marche est un voyage intérieur. En s’imposant un rythme et une temporalité différents, on s’ouvre à la réflexion, à la contemplation et à la méditation. L’itinérance et la vie nomade sont pour moi un moyen de vivre tout cela, d’éprouver la liberté et de connecter « ce qui m’entoure » à « ce qui m’habite ».

Marche naturelle

Enfin, argument convenu ou excuse facile, j’aime dame Nature et ses atours : le rythme des saisons, les cycles de lune, l’odeur de la pluie d’été et du foin coupé, le vent dans les arbres et l’air du large, le bruit de l’eau, le silence des cimes, les premières traces dans la neige, la lumière du matin, la voie lactée, les nuances de vert, le sable sous les doigts, le goût des fruits glanés, les sentiers de montagne et ceux qui ne sont sur aucune carte.

Marcher, c’est simple comme mettre un pied devant l’autre 😉 C’est provoquer la chance d’aller à la rencontre des autres et de soi-même; de faire cohabiter l’absurde et la quête de sens, l’acuité et le lâcher prise, les grands espaces et l’Intime. D’en apprendre toujours davantage tout en continuant à ne rien savoir ;)


« Le froid, le silence et la solitude sont des états qui se négocieront demain plus chers que l’or. » – Sylvain Tesson

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Visa et permis

Préparer un voyage, c’est déjà voyager un peu. En l’occurrence, préparer une aventure telle que le PCT, c’est aussi un long parcours administratif. Il est jalonné d’étapes à franchir qui vous rapprocheront peu à peu du jour de votre départ.
3 étapes importantes consistent à obtenir :

  • le visa pour les USA
  • le permis de marcher sur le PCT : PCT Permit
  • les autres permis
1/ Le visa

Il est obligatoire (si vous êtes français et) si vous comptez aller au bout du PCT. Car il vous faudra bien plus que les 90 jours autorisés par l’ESTA. Le sésame s’appelle alors le « visa B2 », adapté aux séjours touristiques de 3 à 6 mois.
Pour l’obtenir, il faudra lire avec attention les consignes du site de l’ambassade américaine. Puis remplir le long formulaire DS-160 en ligne, obtenir un numéro de validation (associé au compte de demandeur), payer 160 USD (uniquement par carte de débit ou par virement) et prendre rendez-vous à l’ambassade américaine. Pour ma part, j’ai obtenu ce RDV dans la semaine de ma demande.

Lors de ce rendez-vous, plutôt stressant, veillez à vous munir de votre convocation, de votre passeport (validité minimum de 6 mois), du formulaire DS-160 et d’une photo d’identité récente de taille 5 X 5 cm (format US obligatoire). Mais aussi, de tout document prouvant :

  • la motivation de votre voyage (tracé du PCT par exemple)
  • la couverture financière suffisante (relevés bancaires)
  • les garanties de …votre retour en France au terme du voyage (par exemple une attestation d’employeur)

Au terme de 30 minutes d’attente et d’un bref entretien (en français et en anglais) avec un officier consulaire, vous aurez droit – je l’espère – au fameux «your visa is approved». Votre passeport, agrémenté du VISA d’une validité de 10 ans, vous sera retourné par courrier postal dans les cinq jours.

Edit – Mon retour d’expérience.

J’ai obtenu le RDV à l’ambassade américaine (Paris) un vendredi à 10h30. Je patiente dans le jardin public le plus proche dès 9h45, occupé à dresser l’inventaire de mon dossier, «répéter intérieurement» mon argumentaire et observer les autres personnes manifestement dans les mêmes dispositions que moi. Le stress montant, je rejoins dès 10h15 (vous n’y êtes pas autorisés avant), une file d’attente d’une dizaine de personnes.

Puis vient le passage au poste de sécurité. je vide totalement mes poches et confie à l’agent de sécurité tous mes objets électroniques éteints (clés usb, cartes sd incluses) et tous les objets métalliques avant de passer dans un sas. Attention, la personne qui me suit se fait refouler car elle est venue avec son PC, ce qui est totalement interdit. Après ce poste de sécurité, j’obtiens un badge visiteur et accède à la salle d’attente des visas B1 et B2 de l’ambassade.

L’organisation à l’américaine est au top. Une première file d’attente rapide pour passer un premier guichet : présentation du passeport, de la confirmation de RDV et des photos d’identité, puis capture de mes empreintes. Une deuxième file d’attente, 15 à 20 minutes, avant de se présenter au second guichet face à l’agent chargé d’évaluer ma demande.

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Petit lexique du PCT

La communauté des « thru-hikers » a son propre jargon. Voici un petit lexique (non exhaustif) des termes et acronymes utilisés couramment sur le chemin.

AYCE (All You Can Eat) : quand vous avez la dalle, les crocs, une faim de loup, bref la fameuse «Hiker Hunger» = la grande faim du randonneur au long cours.

BASE-WEIGHT : le poids de base de votre sac à dos, sans nourriture, eau ni autres consommables.

BEAR CANISTER : la boîte à ours pour stocker des aliments et tout ce qui a une odeur attrayante pour un ours (popote, articles de toilette, etc.). C’est un récipient plastique volumineux, très solide et transportable. Il est obligatoire sur plusieurs sections du PCT. Au campement il doit être placé à distance de la tente (au moins 100 mètres). La «bear canister» peut aussi faire office de bon tabouret

BONUS MILES: Il s’agit de tous les miles supplémentaires qui, sans faire officiellement partie du PCT, devront être parcourus pour rejoindre un point de réapprovisionnement, un bureau de poste, un hébergement, une source d’eau, un bon terrain pour camper… Mais aussi les détours (en cas d’incendies) et les erreurs de navigation.

BOINK: (verbe) manquer d’énergie du fait d’une consommation insuffisante de calories.

BOUNCE BOX : c’est un colis de ravitaillement ou d’équipement que vous pouvez vous envoyer par la Poste tout au long de votre parcours (littéralement la « boite rebond »).

CAIRN: pile de pierres fabriquée par l’homme pour baliser et signaler le sentier.

CAMEL UP: Boire autant d’eau que possible lorsqu’on se trouve à une source. Outre l’hydratation, c’est aussi une manière de réduire le volume d’eau à transporter.

CAT HOLE: une des pierres angulaires de la philosophie LNT (Leave No Trace). C’est le trou que vous creusez pour assouvir et enterrer … un gros besoin naturel. Il est recommandé de faire ce «trou de chat» profond de 15-20 cm et le plus loin possible (200 m) du sentier et de toute source d’eau..

COWBOY CAMPING: Dormir à la belle étoile. Sans abri (sans tente ni tarp). .

DAY HIKER: randonneur à la journée (promeneur) avec lequel le thru-hiker n’aime pas être confondu.

DRY CAMPING: Camper sans source d’eau à proximité. Ce qui n’est pas l’habitude des randonneurs qui recherchent plutôt la proximité d’un point d’eau pour la nuit. Toutefois dans les zones à ours, les randonneurs dînent à proximité d’une source d’eau, puis poursuivent leur randonnée quelques heures après.

FLIP FLOP: tactique consistant à effectuer une partie du PCT puis de sauter une section dans l’intention d’y revenir plus tard. Par exemple, dans une année très neigeuse, un randonneur peut sauter la Sierra (en juin), terminer le reste du PCT, puis revenir dans la Sierra en Août, dans des conditions plus favorables.

FLOATIES: se dit de tout corps étranger flottant dans votre eau après avoir rempli vos bouteilles.

GIARDA: parasite intestinal qui provoque des crampes d’estomac, une diarrhée chronique, des nausées et tous les autres désagréments associés. Il est transmis par contamination de l’eau via les matières fécales. D’où l’incitation à la philosophie du LNT et l’usage quasi systématique d’un filtre à eau.

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Ressources web

La communauté web des thru-hikers, grâce à de nombreux sites, blogs et forums, nous offre les possibilités d’une bonne préparation du PCT.

Quelques sites incontournables :

Coup de cœur : Pour les aspirants PCTistes francophones, le forum de HFR héberge un topic PCT qui est une bible de renseignements et de retours d’expériences. Animé par une poignée de passionnés, offrant une grande liberté de ton et d’échanges. Ce forum en français est très largement documenté grâce aux apports des « french hikers » et à l’abattage du « taulier » André ;). Ce dernier ayant également publié son récit « Un aller sans retour ».

Autres outils pratiques:

L’itinéraire du PCT

Le Pacific Crest Trail (PCT) est l’un des trois plus longs et célèbres sentiers américains, avec le sentier des Appalaches et le Continental Divide Trail (chemin de la ligne de partage des eaux), constituant la Triple Crown.

Randonnée « hors normes » de 4.270km aux USA, de la frontière mexicaine au Canada, son itinéraire, d’une beauté sauvage et grandiose, suit la première ligne de crête à l’ouest du pays. Le PCT peut être parcouru d’une traite en 5 à 6 mois. C’est une expérience unique qui marque une vie mais qui demande aussi un engagement bien préparé en raison de la longueur et de l’isolement, avec des étapes de plusieurs jours en autonomie.

PCT: Petit Chemin Tranquille ?

Pas vraiment, car la beauté se mérite. Si l’on s’en tient à la topographie, au climat et au relief, cette randonnée vers le nord est une rude et belle leçon de géographie. Ce parcours se divise, grosso modo, en 5 sections:

  • 1.000 km de zones désertiques du sud californien qui forment l’étape initiatique.
  • 550 km de haute montagne à travers la Sierra Nevada et le parc du Yosemite
  • 1.000 km de crêtes de moyenne montagne dans le nord de la Californie
  • 800 km de collines boisées dans l’Oregon jusqu’au très symbolique Pont des Dieux.
  • 750 km plus alpins pour traverser l’état de Washington jusqu’au Canada.

On peut également décrire l’itinéraire comme suit:

  • Sud Californie: zones désertiques, relief accentué, forte chaleur (désert de Mojave).
  • Sierra: haute montagne, vallées glaciaires et cols enneigés, moustiques et ours.
  • Nord Californie: zone de transition avec montagnes moyennes et vallées fluviales.
  • Oregon: sentiers forestiers, volcans, beaucoup de lacs et de moustiques.
  • Washington: haute montagne (neige) et vues magnifiques.

Le site de la PCT Association (PCTA) propose une vue détaillée de l’itinéraire

PCT Map

Que représente une telle distance ?

equivalent km pct2 (2)

Pour se faire une idée de ce que représenterait le PCT à l’échelle européenne, imaginez un itinéraire qui traverserait l’Europe à pied via un parcours de Gibraltar à … Saint-Pétersbourg. Impressionnant !

(itinéraire à pied de Google Maps, toutefois très théorique) .

Et pourquoi pas ?

Mark

Mi rêve – mi obsession. C’est LE projet de l’année 2019 …

Marcher 4 270 km pendant 5 mois, du Mexique au Canada. De Campo à Manning Park, en passant par les déserts du Sud Californien, les cols enneigés de la Sierra Nevada, les forêts de l’Oregon et les montagnes de la Cascade Range.

A quoi ça sert ? A rien, mais c’est sur ma liste*.

“I haven’t been everywhere, but it’s on my list.” – Susan Sontag

Car parmi les choses inutiles – et donc essentielles – que je souhaite faire avant … qu’il ne soit trop tard, il y a le PCT.

Le PCT (Pacific Crest Trail) est un itinéraire de randonnée qui traverse principalement des milieux sauvages préservés. L’éloignement des habitats, la distance et la topographie en ont fait un sentier « mythique » qui offre à ceux qui entreprennent de le parcourir les garanties d’une parenthèse enchantée, d’une aventure extraordinaire ou d’un défi personnel. Escalader les 4 421 m du Mont Whitney, dormir « in the middle of nowhere », user plusieurs paires de chaussures, éprouver à l’extrême le froid et la chaleur, la faim et la soif, l’enthousiasme et la lassitude, la peur et la sérénité.

C’est un peu plus que les 10 000 pas par jour recommandés par les médecins pour maintenir la forme. C’est beaucoup plus que tout ce que j’ai fait jusqu’ici 😉

Même si j’ai l’expérience de randonnées au long cours (Camino de Santiago, Traversée des Pyrénées, Via Alpina, Chemin de Stevenson, GR20, … ) et quelques reliquats d’une condition physique formatée sur les terrains de rugby puis le macadam des marathons. Même si j’ai lu avec curiosité les récits des « thru-hickers » français qui m’ont précédé sur le PCT, même si je m’y prépare mentalement et matériellement depuis quelques mois, je ne sais pas ce qui m’attend.

Et c’est tant mieux. Mon objectif est de m’offrir un interlude de 5 mois et de « boucler » cette petite escapade, entre Mai et Septembre 2019, en marchant en moyenne 24 miles pas jour (soit 38 km) .

Arriver au bout. Apprécier chaque moment. Les bons et les moins bons.

Il y aura peut être les orages, les brûlures du soleil, les tempêtes de neige, les moustiques, les scorpions, les serpents à sonnettes, les pumas et les ours. Il y aura peut-être le manque et l’ennui.

Il y aura peut-être des égarements. Mais se perdre c’est aussi se retrouver. Alors pourquoi pas ?